Baromètre de l'artisanat 2017

La création d’entreprises classiques au plus haut
Le nombre de micro-entrepreneurs au plus bas depuis la création du régime.

Focus sur le profil type des créateurs d’entreprises

Paris, le 14 septembre 2017 – Cette édition du baromètre de l’artisanat ISM-MAAF fait état d’une profonde recomposition d’un secteur impacté par un régime des micro-entrepreneurs en perte de vitesse depuis deux ans alors que l’entreprise traditionnelle renoue avec ses meilleurs chiffres de créations depuis 10 ans. L’étude met aussi en lumière le rôle incontournable des entreprises artisanales comme ascenseur promotionnel pour les salariés et de remise à l’emploi pour les chômeurs.

Un décrochage des immatriculations des micro-entrepreneurs depuis 2 ans

Après une année 2015 marquée par une forte baisse des immatriculations artisanales (-14 %), l’année 2016 connaît avec 154 000 créations d’entreprises une stabilisation (-1% par rapport à 2015). Dans le détail, la création d’entreprises classiques progresse fortement (+10 %) et retrouve, avec 105 400 entreprises, son niveau le plus élevé depuis 10 ans. En revanche avec 48 400 créations, le nombre de micro-entrepreneurs chute de -19 % et atteint son point le plus bas depuis 2009, année de création du régime. Renversement de tendance, alors que les entreprises classiques représentaient 38 % du total des créations en 2012, elles reprennent le dessus sur le régime des micro-entreprises avec 68 % des créations en 2016.

Nombre d’entreprises artisanales par formats d’entreprises

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Les secteurs des services et de l’alimentation reprennent des couleurs

La dynamique entrepreneuriale varie selon les secteurs. Le nombre des créations est en hausse (+4 %) dans l’artisanat de service (47 000 entreprises), une hausse portée principalement par les taxis/VTC et les travaux de nettoyage. Le nombre progresse également dans l’alimentation (+5 %) avec 12 600 créations, l’activité motrice restant la fabrication de plats à emporter. Dans les activités du BTP, les créations d’entreprises (58 000) sont toujours en recul (-5 %) après une année 2015 compliquée (-17%). Le secteur de la fabrication après une forte baisse en 2015 (-19 %) se stabilise (16 000 créations).

Le taux de survie des entreprises artisanales (hors micro-entrepreneurs) 3 ans après le démarrage de l’activité est de 71 %. Ce dernier est plus élevé dans les activités de fabrication (75 %) et de services (76 %).
En 2016, 93 % des entreprises artisanales se sont créées sans salarié, alors que cette part n’était que de 81 % en 2006.

Catherine Elie, directrice des études et du développement économique de l’ISM, d’analyser :

« La hausse des créations d’entreprises classiques ne se traduit pas encore par une remontée du nombre des entreprises employeuses. Ainsi, le nombre d’entreprises se créant avec des emplois salariés continue de baisser en valeur absolue : en 2006, 16 260 entreprises artisanales se créaient avec des emplois salariés ; ce nombre était ramené à 13 770 en 2011, 10 530 en 2015 et 10 260 en 2016 ». On assiste donc, au-delà du phénomène micro-entreprise, à une montée en puissance de l’entreprise unipersonnelle. L’écart se creuse entre cette forme d’entrepreneuriat flexible, sans risque (parmi les entreprises artisanales classiques, un tiers sont désormais créées avec moins de 2000 euros), et peu créateur d’emplois salariés, et le modèle économique de la reprise d’entreprise artisanale, plus capitalistique.

L’entrepreneuriat artisanal, ascenseur professionnel ou voie de reconversion

Plusieurs types de parcours conduisent à la création d’entreprises artisanales. Pour les deux tiers environ des anciens salariés ou demandeurs d’emploi, créer son entreprise permet une évolution professionnelle, après avoir acquis une expérience dans un métier donné. Pour les autres, issus d’un autre univers professionnel, il s’agit d’une reconversion.

Statut avant la création d’entreprise

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Parmi les créateurs d'entreprise qui étaient salariés avant de prendre leur indépendance, les trois quarts étaient ouvriers ou employés (74%). Mais la part des anciens cadres et professions intermédiaires, souvent « nouveaux entrants » dans l’artisanat et issus d’un autre univers professionnel, est loin d’être négligeable (26%).
Un créateur sur 5 (22 %) était déjà un entrepreneur et investit dans une nouvelle affaire. Parmi les 33 % de demandeurs d’emploi, plus de trois sur quatre (76 %) s’installe par volonté entrepreneuriale.

Les activités de l’artisanat sont enfin vecteurs d’intégration : 12 % des projets installation dans l’artisanat sont réalisés par des créateurs d’entreprises d’origine étrangère.

Bruno Lacoste, directeur marketing et communication de MAAF :

« La création d’une entreprise artisanale intervient de plus en plus souvent à l’issue d’un repositionnement professionnel voire d’une reconversion. Pour la majorité des entrepreneurs, se mettre à son compte est étape majeure de leur évolution professionnelle, après avoir été formés au métier et acquis une expérience significative. Un tiers des créateurs étaient ainsi auparavant salariés, majoritairement en tant qu’ouvrier ou employé. L’objectif est pour ces derniers est d’atteindre l’indépendance ».

Des créateurs expérimentés dans leur métier

Les créateurs d’entreprises artisanales sont très majoritairement expérimentés dans le métier de leur entreprise lorsqu’ils s’installent : les trois quarts (74 %) ont plus de 3 ans d’expérience et 43 % ont plus de 10 ans d’expérience.

L’expérience professionnelle des entrepreneurs artisans compense un niveau de formation inférieur à la moyenne des entrepreneurs. Ainsi, 32 % des créateurs d’entreprises artisanales ont un niveau CAP/BEP, 21 % un niveau BAC, 24 % sont détenteurs d’un diplôme de l’enseignement supérieur (contre respectivement 19 %, 21 % et 46 % de la moyenne des entrepreneurs).

Les femmes, qui représentent 23 % des entrepreneurs artisans, sont plus diplômées que leurs congénères masculins : 33 % sont détentrices d’un diplôme de l’enseignement supérieur, contre 21 % des hommes.

Le secteur est également ouvert aux autodidactes : 23 % des entrepreneurs n’ont pas de diplôme qualifiant et se sont donc formés principalement par l’expérience.

Les entrepreneurs de l’artisanat sont un peu plus jeunes que la moyenne : 54 % ont moins de 40 ans contre 50 %. Les jeunes de moins de 30 ans représentent un créateur sur cinq (21 %), presque autant que les seniors de plus de 50 ans (18 %).

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Pour en savoir plus et obtenir plus de données :
Tous les résultats du baromètre sont détaillés dans le « Tableau Economique de l’Artisanat : les entrepreneurs de l’artisanat » (publication diffusée sur demande).

A propos de MAAF

Marque du groupe Covéa, MAAF est l’un des premiers assureurs généralistes en France. Il propose à ses 3,8 millions de sociétaires et clients des solutions globales en assurances (auto, habitation, risques professionnels mais aussi santé, prévoyance, assurance vie...) et des services à forte valeur ajoutée (assistance, crédits...). Aux côtés des artisans depuis sa création, MAAF compte aujourd’hui plus de 700 000 clients professionnels. www.maaf.fr

A propos de l’Institut Supérieur des Métiers

Centre national de ressources sur l’artisanat et la petite entreprise, l’ISM conduit une activité d’observation statistique, de veille et d’études sur l’artisanat et la petite entreprise. Il publie régulièrement des Tableaux Economiques de l’artisanat. L’ISM assure également une mission de formation des élus, de diffusion d’informations sur les aides publiques aux entreprises et de pilotage, pour le compte de la Direction Générale des Entreprises, des labels « Entreprise du Patrimoine Vivant » et « Pôles d’Innovation pour l’Artisanat ». www.infometiers.org

 

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ISM
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Directrice des Etudes et du Développement Economique
Tél. : 01 44 16 80 45 –
c.elie@infometiers.org

 

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